Alexandra Purcaru, Art Cocktail Club

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Alexandra, le trio que vous formez avec Claudio et Vincent est un très bel Ovni dans le paysage cocktail, finalement c’est quoi « Art Cocktail Club » ?

Comme son nom l’indique, il y a de l’art et on fait des cocktails tout simplement ! (rire) L’idée c’était d’ajouter au monde du cocktail événementiel une dimension réellement « créateur » et proposer des performances singulières. Nous sommes trois : Vincent Moustache, illustrateur est le directeur artistique. Régulièrement, il réalise du Live drawing durant les événements mais aussi tous les supports qui nous permettent de rendre l’événement le plus personnel possible. Claudio Vandi, lui, imagine les cocktails avec moi et est le story Teller de l’équipe, il écrit très bien et raconte de très belles histoires. Moi pour ma part, je suis plus sur la création des cocktails et des recettes ainsi que le sourcing des matières premières. En revanche, on ne valide jamais une recette l’un sans l’autre, on a une approche créative très complémentaire avec Claudio. Avec Art Cocktail club, je voulais faire une transition par rapport au monde de la mode, pouvoir m’exprimer différemment. La première fois qu’on en a parlé on était au musée d’histoire naturelle, fascinés par tout ce qu’il renferme. Vincent dessinait, Claudio imaginait des cocktails et le soir à la maison, on s’est dit « mais pourquoi on ne le fait pas plus sérieusement ? » en gardant le pied dans des choses que l’on aime : l’art, la mode, les collaborations avec les chefs …

Pourquoi choisir l’événementiel plutôt qu’un lieu fixe ?

Le fait de faire de l’évènementiel dans des pays différents permet de rester libre, ce nomadisme jusqu’à présent a été très riche. On fait des événements au Mexique, en Suisse, à Paris, en Angleterre et bientôt en Californie. Récemment, on a émis l’idée de pouvoir s’installer quelque part mais on voudrait que ce soit très différent d’un bar à cocktail, qui pourrait être dédié à plusieurs disciplines, où il y aurait des artistes… Un lieu fixe mais super caché, super confidentiel. Qu’est ce qui t’as emmené vers le monde du cocktail ? Quel est ton parcours ? Souvent on me dit « oh vous avez un petit accent vous venez d’où ? comment vous êtes arrivés à Paris ? » et je réponds toujours « en avion ».

Pour le cocktail c’est pareil j’y suis arrivé en avion ! (sourire). C’était très intuitif pourtant ce n’était pas du tout mon parcours initial. J’ai grandi en Italie, près de Rimini et j’ai étudié la littérature étrangère en Norvège puis j’ai travaillé dans la mode au Canada. À l’époque, j’étais acheteuse pour des boutiques vintage car j’ai toujours eu une passion pour tout ce qui a une histoire, ce qui est chiné ect… une passion qui se retrouve aussi dans ce que je fais aujourd’hui avec la verrerie, la scénographie de nos évènements et mon style de cocktails d’ailleurs. Par la suite, j’ai créé la marque « I don’t have a sister », marque de bijoux en verre que je soufflais à Murano et petit à petit, une partie de la collection fut dédiée à l’art de la table : verres, assiettes… Ainsi sont arrivés les prémices de Art Cocktail Club. On organisait avec Claudio et Vincent des diners chez nos amis avec ma vaisselle et on a commencé à faire des cocktails. Ça a pris de plus en plus de place dans nos vies. Dès qu’on voyageait à l’étranger, il y avait toujours deux étapes : Le marché et les bars à cocktails. Je pense que, comme une éponge, j’ai absorbé toute cette inspiration puis je me suis mise à enormément étudier, les recettes de cocktails vintage notamment, puis à visiter beaucoup de distilleries et m’y intéresser de plus en plus. J’ai surtout fait beaucoup confiance à mon palais. Puis un jour, à force que nos amis nous disent que c’était top ce que l’on proposait, qu’ils nous réclament de venir organiser des diners, leurs mariages, leurs anniversaires, on a commencé à faire des events extérieurs. Voilà comment est né Art Cocktail Club.

Est-ce que tu as des courants artistiques qui t’inspirent ? Est que tu te nourris de l’art dans ta créativité ?

Le surréalisme m’inspire énormément ainsi que les années 20, le courant Art-déco et Schiaparelli. J’adore créer des cocktails avec une mise en scène surréaliste, avec des crevettes dans des coupes en étain par exemple ou un cocktail dans une chaussure à talon. On a imaginé d’ailleurs cette année un magnifique projet pour les 100 ans des années 20, on va faire des choses folles. Mais véritablement, mon inspiration vient essentiellement des marchés. Dans tous les pays où je me rends, les marchés sont une grande source d’inspiration. Tu sens les choses. Pour moi créer un cocktail c’est créer le goût mais c’est aussi penser un contenant. Je ne peux pas créer un cocktail si je n’ai pas une histoire, un nom et un verre adapté.

Comment réagissent les gens quand tu fais un évènement et que tu ramènes tes deux cents verres chinés tous dépareillés ?

Les gens adorent. Après parfois, je sens que je suis un peu baroque et ce n’est pas toujours du goût de tout le monde. Moi j’ai besoin de ça pour créer, proposer quelque chose de différent. Une expérience c’est un cocktail mais aussi un endroit, une ambiance, une déco, la musique, l’espace, l’accueil que tu as, l’odeur du lieu : l’âme entier de l’event. Pour le bar Selva à Oaxaca, pour lequel j’ai créé la carte, j’ai ramené beaucoup d’objets de chez moi, dont l’âme allait avec le lieu par exemple. Je pense que les gens apprécient parce qu’ils sentent que c’est véritable, que c’est ma personnalité. Ce n’est pas commun. 

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